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Depuis plusieurs années, la crise de l’itinérance à Montréal ne cesse de s’aggraver, et les commerçants du centre-ville en ressentent les effets au quotidien. La présence de squatteurs dans des immeubles vacants ou en rénovation est devenue une problématique majeure, suscitant des inquiétudes tant sur le plan économique que sécuritaire.
Une situation qui s’intensifie
Selon plusieurs commerçants et résidents, l’itinérance au centre-ville a atteint un niveau critique. Certains immeubles en rénovation ou abandonnés deviennent des refuges pour des personnes en situation de précarité, ce qui entraîne des tensions avec les propriétaires et les travailleurs du secteur.
Un récent reportage a mis en lumière le cas d’un immeuble situé sur la rue Sainte-Catherine Ouest, où un squatteur s’était installé dans un espace en chantier. Profitant de l’absence d’ouvriers, il avait aménagé un coin de vie avec un matelas, une table et même un micro-ondes. Cette occupation illégale a conduit les travailleurs à alerter les autorités, mettant en évidence les défis liés à la cohabitation entre les sans-abris et les acteurs économiques du centre-ville.
Les commerçants en première ligne
Les commerçants du centre-ville sont particulièrement affectés par cette crise. Certains rapportent des incidents de vandalisme, des intrusions et des comportements agressifs qui nuisent à leur activité. Un sondage récent révèle que 94 % des travailleurs et 86 % des entreprises considèrent l’itinérance comme un enjeu préoccupant.
La présence accrue de personnes en situation d’itinérance dans les rues commerçantes a également un impact sur l’image du centre-ville, ce qui peut dissuader certains clients et touristes de fréquenter les commerces locaux. Plusieurs propriétaires de boutiques et de restaurants demandent aux autorités d’intervenir pour améliorer la situation et assurer une meilleure cohabitation.
Les causes profondes de la crise
La crise de l’itinérance à Montréal est multifactorielle. L’augmentation du coût du logement, la précarité économique et la présence croissante de substances illicites dans les rues contribuent à l’aggravation du problème.
Selon Serge Lareault, commissaire aux personnes en situation d’itinérance à la Ville de Montréal, le profil des sans-abris a évolué au fil des années. Autrefois majoritairement composé d’hommes de plus de 40 ans ayant des problèmes d’alcoolisme, il inclut aujourd’hui des jeunes, des personnes âgées et même des immigrants qui n’ont pas réussi à s’intégrer économiquement. Cette diversité rend la gestion de l’itinérance encore plus complexe.
Des solutions en discussion
Face à cette crise, plusieurs organismes et acteurs municipaux réclament des actions urgentes. Parmi les solutions envisagées :
Augmenter le financement des refuges et des services sociaux pour offrir un hébergement temporaire aux personnes en situation de précarité.
Renforcer la sécurité publique afin de protéger les commerçants et les résidents tout en garantissant le respect des droits des sans-abris.
Développer des programmes de réinsertion sociale pour aider les personnes itinérantes à retrouver une stabilité économique et un logement durable.
Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) et d’autres organismes locaux continuent de plaider pour une approche plus humaine et efficace afin de répondre aux besoins des personnes vulnérables.
Conclusion
La crise de l’itinérance au centre-ville de Montréal est un défi majeur qui nécessite une réponse coordonnée entre les autorités, les commerçants et les organismes sociaux. Si des mesures concrètes ne sont pas mises en place rapidement, la situation risque de s’aggraver, affectant non seulement les personnes en situation de précarité, mais aussi l’ensemble de la communauté montréalaise.
